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Un Peu De Moi

  • Dr Boubacar Ba
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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 19:03

BBa001.jpgIl reste encore à faire pour que l'alimentation soit intégrée dans les constitutions au même titre que les droits de l'homme. Cependant, des efforts sont en train de se faire. Un processus est en cours, notamment en Afrique et en Asie. On retrouve la reconnaissance de ce droit dans des instruments spécifiques comme les conventions internationales, pour des groupes spéficifiques comme les enfants. Le droit à l'alimentation est défini comme un contexte dans lequel chaque chaque homme, chaque femme et chaque enfant, seul ou en communauté avec autrui, a accès à tout instant, physiquement et économiquement, à une alimentation adéquate ou aux moyens de se la procurer. Peut-être qu'il serait-il plus court et plus pertinent de dire que le droit à l'alimentation c'est le droit à la vie de chacun et qu'il est de la responsabilité des Etats d'en créer les conditions de sa réalisation. 

      Depuis 1996, lors du sommet tenu la même année à Romel'Assemblée générale de la FAO avait instruit l'organisme afin qu'un contenu juridique soit donné au concept. C'était le premier jalon d'un long processus qui venait d'être posé. Et depuis cette date, le concept n'a pas cessé d'évoluer. Mieux, en avril 2000, la Commission onusienne des droits de l'homme en reconnaissait la nécessité et donnait mandat au Rapporteur Spécial sur le Droit à l'alimentation, à le professeur Jean Ziegler.

      Il a fallu longtemps pour que la communauté internationale, celle qui en générale décide des grandes orientations du monde, s'accorde sur l'idée que l'alimentation avait la même importance que les droits de l'homme. Peut-être que je me trompe, mais ce retard pourrait s'expliquer par le fait les droits des hommes ont été bafoués en Occident lors des grandes guerres. Par conséquent, le nouvel ordre mondial qui s'en est suivi a essayé de se doter des instruments qui le (ce monde occidental) préservent d'un éventuel retour à cette barbarie. Peut-être aussi, que le droit à l'alimentation n'a pas existé parce que les Etats ne voudraient pas courrir le risque d'être traîner en justice par des citoyens privés de ce droit.

      Actuellement, le droit à la nourriture est énoncé dans les constitutions de plus de 20 pays, et quelque 145 pays ont ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966, un pacte qui invite expressément les Etats signataires à légiférer pour le droit à une nutrition adéquate.

     Au moment de mettre en ligne, j'en vois déjà qui ne manqueront pas de me dire que le droit ne donne pas à manger. Certes oui, il ne donne pas à manger mais il le permet. Il le permet et il est utile parce que l'alimentation est plus complexe qu'il n'y paraît. Les conditions de sa réalisation requièrent un ensemble de moyens, d'organisation et de décisions dont la majeur partie incombe aux pouvoirs publics. De façon plus large, accepter l'universalisation de ce droit conduirait bon nombre d'Etats à reconsidérer leurs politiques par exemple en immigration. À l'heure de la mondialisation, au moment où l'on recherche des solutions à la crise économique capitaliste, il me semble qu'ériger l'alimentation au rang de droit universel serait un excellent d'humaniser l'économie.

      J'attends avec impatience que la Banque mondiale instruise ce concept et l'intègre dans ses approche du développement. Je l'appelle de mes voeux parce que, pour moi, le droit à l'alimentation participe des droits des citoyens et qu'à ce titre, il est un devoir fondamental des Etats d'assurer les conditions de sa mise en application. A l'heure de la mondialisation et de la reconnaissance de tous les droits humains, que la plus part des Etats continuent de traîner les pieds sur ce sujet est préoccupant.

      Mais vous en conviendrez avec moi qu'une telle reconnaissance de l'alimentation -comme un droit universel- serait "un grand pas pour l'humanité". Evidemment, cela n'effacera pas la famine de la planète des hommes, mais ce serait un formidable progrés de notre civilisation.

 Dr Boubacar BA
Fondation Biotechnologie pour le développement durable


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